L'Arbre Vert a engagé deux équipes lors de ce raid Amazones. Surtout, après un an de collaboration, le sponsor principal de cette compétition 100% féminine et écolo vient de s'engager sur trois nouvelles années de partenariat. Michel Leuthy, le PDG de cette entreprise qu'il a repris en 2003 alors qu'elle était en dépôt de bilan, assistait pour la première fois au raid. Conquis, il raconte l'aventure qu'il a vécu à Mayotte.
Comment avez-vous décidé de vous lier au Raid Amazones ?
Michel Leuthy: Il y a un an, Alexandre Debanne m'a contacté pour me parler de ce raid féminin, sans moteur avec uniquement de la sueur. J'ai été séduit parce que les concurrentes de ce raid sont le coeur de ma cible. Ce sont elles qui choisissent les produits achetés par la famille au quotidien. Les hommes dans un magasin, ils n'achètent que ce qui est inscrit sur le papier que leur femme leur a donné.
Vous manquez encore d'exposition médiatique, ce Raid peut-il vous apporter la notoriété que vous recherchez ?
Je l'espère. En tout cas il nous offre une visibilité, dans le métro notamment. C'est ce que m'avait promis Alexandre Debanne. Moi, dès que je vois L'Arbre Vert affiché quelque part, je suis content. Je soutiens aussi d'autres sportives comme Maud Fontenoy ou des projets comme ceux de la fédération française de judo. Mais par exemple, après ce raid, aucune des 225 participantes ne peut plus dire qu'elle ne nous connaît pas. Ensuite je fais confiance aux femmes pour le bouche à oreille...
Le Raid Amazones respecte-t-il l'environnement comme vous le souhaitiez ?
Oui, bien sûr. Dans le tri sélectif notamment, il est bien au delà de ce qui se fait à Mayotte. D'ailleurs c'est une bonne chose aussi je pense pour des organisateurs passionnés comme ceux du Raid Amazones d'avoir à leurs côtés un sponsor qui sert en quelque sorte de caution écologique.
Parce que L'Arbre Vert serait une référence ?
Nous avons commencé par du produit vaisselle, aujourd'hui nous vendons des shampoings par exemple. Mais nous faisons du mieux que ce que l'on peut faire actuellement. Nous ne nous contentons pas que respecter l'éco-label européen en vigueur qui serait en quelque sorte le bac de l'environnement, que l'on peut réussir en ayant 10/20. L'Arbre Vert c'est la mention bien ou très bien même. Mon entreprise compte aujourd'hui 116 salariés et réalise 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre seulement 2 millions en 2004.
Comment tout cela a-t-il débuté pour vous ?
Nous avons toujours essayé de faire au mieux question qualité, mais il fallait que nous soyons compétitif financièrement pour les ménages par rapport aux autres produits, plus polluants. Grace à un hypermarché comme Carrefour qui a accepté de baisser ses marges en croyant en nos produits et dans notre côté novateur, nous avons pu nous aligner sur la concurrence qui ne respectait pas l'environnement aussi bien que nous.
Pourquoi choisir d'investir dans le sport et dans le Raid Amazones ?
Cette hargne que j'ai pu voir chez les raideuses, je l'ai eu moi aussi dans les années 80 quand j'ai créé ma société avec 60 000 francs en poche (9000 €). C'est cette volonté de gagner qui m'a séduit. Et puis quand on voit les Jetski Village respecter l'environnement alors qu'elles sont en lutte pour la victoire, je trouve ça beau. J'étais au ravitaillement du deuxième trek et Anaïs était tractée avec un élastique par Céline. Les filles ont commencé à repartir, mais Anaïs les a arrêtée pour poser son papier de barre chocolatée dans la poubelle plutôt que de le jeter au sol. Je lui avais pourtant dit, ne t'en fais pas, je m'en occupe.
Vous avez engagé deux équipes dans cette compétition. Comment la sélection s'est-elle déroulée?
Quand j'ai parlé du Raid Amazones à mes employées, j'ai eu une dizaines de volontaires pour participer à ce défi physique. L'an passé j'ai tiré trois candidates au sort. Cette année c'était la même chose. Et comme cela se déroulait à Mayotte, j'ai demandé à mon distributeur de la Réunion s'il voulait engager aussi une équipe. Voilà tout.
Quelle est la nature du contrat sportif avec ces équipes qui portent vos couleurs ?
Je n'ai pas besoin de sensibiliser les filles au respect de l'environnement. C'est naturel chez elles. Et je leur demande juste de participer, pas de gagner. Je ne suis pas un dictateur sur ce point là. A la sortie d'une épreuve je leur demande juste comment ça s'est passé. C'est tout.